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La Casa – Calamity Jane

Aujourd’hui dans notre série de portraits sur les femmes de la CASA Calamity Jane celle qui nomme notre coloris Lie de Vin.

Calamity Jane, née Martha Jane Cannary au milieu du 19e siècle, est une des femmes ayant marqué notre imaginaire du ‘Far West’, autrement majoritairement peuplé d’hommes dégainant plus vite que leur ombre. Quoiqu’elle ait, contrairement à Lucky Luke, réellement existé, il est difficile – voir impossible – de séparer la femme de la légende.

En effet, les rares bibliographies historiques ne parviennent même pas à lui attribuer une date de naissance, par manque de documentation. Si elle a atteint la renommé par sa participation aux  ‘guerres indiennes’ dans lesquelles elle s’improvise éclaireur pour l’armée américaine, elle entretiendra de son vivant son statut de ‘légende’ en montant et jouant dans un spectacle sur sa vie. Elle écrira une autobiographie hautement romanesque qui sera distribuée pendant les représentations du ‘Wild West Show’, brouillant de son vivant les pistes entre le réel et le réel amélioré, ce qui fera d’elle une légende de son vivant, statut qui ne l’empêchera pas de mourir seule, pauvre et alcoolique en 1903.

Aînée de cinq enfants beaucoup laissés à eux mêmes, elle apprendra très tôt à monter à cheval et à se débrouiller seule. La mort de sa mère lors d’un voyage vers l’Oregon suivie de la disparition de son père à Salt Lake City trois an plus tard, en 1868, la poussent vers une vie d’aventure. Elle participera à la campagne contres les ‘indiens’ en Arizona en tant que scout pour le général Custer, embarquant clandestinement dans des expéditions et se faisant refuser deux fois dans l’armée par sa condition de femme.

Très vite, elle redouble de témérité, ses tirs gagnent en précision et elle commence à porter des habits d’hommes. Son surnom lui aurait été donné durant cette période de sa vie, alors qu’elle aurait sauvé un capitaine blessé lors d’une embuscade. Calamity Jane ne tient pas en place et participe à toutes sortes d’entreprises: courrier, expédition géologique, éclaireur, prospection, convoyage de boeufs, lingère, cuisinière et même infirmière, tout en traversant les États-Unis et en se saoulant copieusement. Elle est la coqueluche des journalistes et fait fréquemment la une des journaux, relatant aventures et beuveries réelles ou imaginées.

Après un court mariage avec une brute dont le fils, Little Calamity, mourra nourisson, elle se re-marie avec Clinton Burke en 1885. Elle donnera naissance à leur fille, Jessie, deux ans plus tard. Après avoir tenté d’ouvrir un hôtel au Colorado et avoir été quittée par Burke, Calamity retourne à Deadwood, où elle avait été courrier 18 ans plus tôt. Ses amis la convainquent d’écrire ses aventures et de monter un spectacle pour les raconter, ce qu’elle fera jusqu’à son placement dans une maison de pauvre en 1901, où elle restera, alcoolique et dépressive, jusqu’à sa mort d’une pneumonie deux ans plus tard.

Elle aura droit à de prestigieuses funérailles à Deadwood où elle est enterrée à côté de son grand ami Wild Bill Hicock, que la parution des fausses lettres à sa fille Jessie présente comme le véritable père de celle-ci et l’amant de Calamity Jane.

Elle demeure cependant une héroïne jusqu’à ce jour et vit dans nos mémoires comme une des femmes de son époque ayant brisé le moule de la féminité par goût pour l’aventure, peu importe la part de rumeurs et d’exagération dans son histoire.