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La Casa – Marie Antoinette

Aujourd’hui dans notre série de portraits sur les femmes de la CASA Marie Antoinette celle qui nomme notre coloris Rose Grisé.

Difficile portrait à dresser que celui de Marie-Antoinette. Contrairement à plusieurs des femmes de cette série, elle ne se distingue pas par quelque accomplissement extraordinaire. Elle leur ressemble cependant en ce décalage qui existe entre sa vie et l’Histoire.

Quoiqu’elle n’ait pas été complètement occultée et oubliée comme la plupart des femmes, le souvenir imprimé dans
les mémoires collectives est loin de lui rendre justice.

Souvent dépeinte comme une femme frivole, idiote et dépensière, elle représente pour beaucoup le luxe et l’abondance outrageuse de la cour française. Cette réputation lui collait déjà à la peau de son vivant, plutôt injustement, car son train de vie, certes trop luxueux, n’était pas plus excessif que celui des reines précédentes.

Sa véritable tare était son statut d’étrangère, qui ne la quitta jamais, et qui lui faisait commettre de graves erreurs d’étiquette, les règles non-dites mais très importantes de la cour. Elle fut donc, pendant tout sa vie à la cour de France, le bouc émissaire parfait et la source de nombreux scandales, souvent fabriqués de toute pièce comme l’affaire du collier. Encore aujourd’hui, on lui attribue à tort la fameuse phrase « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche. »

Fille de François Ier de Lorraine, empereur du Saint-Empire romain germanique, et de Marie-Thérèse de Habsbourg, archiduchesse d’Autriche, Marie-Antoinette naît à Vienne le 2 Novembre 1755. Elle est mariée au dauphin de France à l’âge de 14 ans pour consolider la récente alliance entre leur deux pays. Celle que les français appellent l’autrichienne devient ensuite reine à 18 ans.

Marie-Antoinette aime les arts et sera la mécène de plusieurs musiciens et compositeurs. Elle se fait construire un petit théâtre et y jouera même à plusieurs reprises. Elle s’isole dans son monde, passe sa vie dans le Petit Trianon et son hameau. Elle s’y entoure de ses ami.e.s et selon les rumeurs, d’amants et même d’amantes. Elle dépense, son mari l’y encourage et fait en sorte de la tenir très loin de tous les enjeux politiques. Son image déjà marquée par son statut d’étrangère se détériore alors qu’elle est vue plus comme une favorite dilapidant la fortune nationale qu’une reine.

Si au départ ses ennemis étaient surtout à la cour, elle se met peu à peu le peuple à dos et devient la cible de prédilection des critiques envers la monarchie, de plus en plus fréquentes à l’approche de la révolution. Véritablement détestée et sans cesse calomniée, caricaturée,

Marie-Antoinette se retire encore plus dans son monde et dans son rôle de mère, rôle qu’elle prend d’ailleurs très à coeur.

Le royaume de France va très mal politiquement et financièrement et alors que la révolution éclate, la frustration du peuple se cristallise autour de Marie-Antoinette, d’autant plus qu’elle défend ardemment la monarchie absolue, ce qui est tout de même compréhensible car elle a appris que cela était dans l’ordre des choses et qu’elle pense ainsi assurer l’avenir de son fils, héritier au trône.

En octobre 1789, la famille royale quitte Versailles pour le palais des Tuilerie à Paris, escortée par une foule en colère.

En 1791, une tentative de fuite de la famille royale finit par leur arrestation et leur retour forcé à Paris. Cette même année Olympe de Gouge, femme révolutionnaire de l’époque prônant la monarchie représentative, lui adresse sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ou elle écrit cette fameuse phrase: « La Femme a le droit de monter sur l’échafaud; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ». Ce texte pionnier du féminisme ne transforme pas Marie-Antoinette en révolutionnaire pour autant.

Le 10 août 1792, la Palais des Tuileries est pris par le peuple. La famille royale est dès lors emprisonnée à la prison du temple.

Le 21 janvier 1793 Louis XVI est décapité sans réel procès.

En automne 1793, Marie-Antoinette passe devant le tribunal révolutionnaire. Lors de son procès on l’accuse d’inceste, mais surtout d’être à la source d’à peu près tous les problèmes du Royaume de France. Sans réelles preuves, mais sans réelle défense non plus, Marie-Antoinette est jugée coupable, malgré les efforts de certains révolutionnaires dont Olympe de Gouges qui s’opposaient à la peine de mort et qui s’était proposé pour être l’avocate de la famille royale.

Le 16 février 1793 elle monte sur l’échafaud à défaut de la Tribune.