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La Casa – Simone Veil

Aujourd’hui dans notre série de portraits sur les femmes de la CASA Simone Veil celle qui nomme notre coloris Bleu Marine.
‘‘Ma revendication en tant que femme c’est que ma différence soit prise en compte, que je ne sois pas contrainte de m’adapter au modèle masculin.’’

‘‘Il ne sert à rien de travestir les faits: face à un milieu au conservatisme très marqué, je présentais le triple défaut d’être une femme, d’être favorable à la légalisation de l’avortement, et enfin d’être juive.’’

Simone Veil est née à Nice le 13 juillet 1927 dans une famille juive non pratiquante. Son enfance est marquée d’abord par les difficultés financière de son père durant la crise des années trente, puis par la montée de l’antisémitisme en France.

Au début de la seconde guerre mondiale, Simone Jacob change son nom pour Jacquier, mais ce déguisement ne suffit pas et en 1944, elle et sa famille sont déportés dans différents camps de concentration. Elle se retrouve avec une de ses soeur et sa mère à Auschwitz. Elle ne reverra jamais son père et son frère. Seules les trois soeurs survivent et retournent en France une fois la guerre finie.

Revenue à Paris en 1945, elle entame des études de droits et de science politique. C’est d’ailleurs à Science Po, que Simone Jacob rencontre son futur mari Antoine Veil. Une fois ces études terminées elle entre dans la magistrature et ce n’est qu’en 1969 qu’elle fait son entrée en politique.

En 1974, elle devient ministre de la santé dans le gouvernement de Giscard d’estaing. C’est durant ce mandat, qu’elle lutte pour la dépénalisation de l’avortement. C’est en 1975, qu’elle réussit à faire passer la loi qui décriminalise l’IVG, loi qui sera ensuite couramment appelée la loi Veil. Ce combat qu’elle mène et gagne, la rend dès lors très populaire chez la majorité des français, même s’il elle fait également face à quelques oppositions très dures bien que minoritaires.

En 1979, Simone Veil est la première femme à occuper le poste de président(e) du parlement européen. Elle se fait alors porte-parole en faveur de la réconciliation avec l’Allemagne et de l’unité européenne. Elle est ensuite nommée ministre d’État, fonction qui n’avait encore jamais été occupée par une femme, sous Balladur en 1993. À partir de 1998, elle siège 9 ans au conseil constitutionnel. Par ailleurs, elle préside la fondation pour la mémoire de la Shoah de 2001 à 2007.

C’est aussi en 2007 que Simone Veil publie son autobiographie “Une vie” qui retrace son parcours, son expérience de la shoah, ses différents combats… Son livre est un succès et est traduit dans un quinzaine de langues. Elle présente alors sa candidature à l’académie française, reçue, elle est alors la 6e femme à occuper un siège dans cette institution plus que dominée par les hommes.

Vers la fin des année 2000, elle se retire tranquillement de la politique, mais elle donne tout de même son soutien à Sarkozy durant les élection de 2007, puis fait différentes apparitions, parfois controversée, comme lorsqu’elle se présente à une Manif pour tous.

Décédée en 2017, quatre ans après son mari, elle accèdera au Panthéon sur la décision du président Macron. Femme politique, féministe et rescapée des camps, Simone Veil, garde ainsi son rôle de pionnière, figurant encore une fois parmi les premières femmes à occuper une place dans une institution où les hommes règnent, même après leur mort.