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La Casa – Camille Claudel

Aujourd’hui dans notre série de portraits sur les femmes de la CASA Camille Claudel celle qui nomme notre coloris sable.

Camille Claudel est une sculptrice française connue pour sa relation tumultueuse avec le sculpteur Rodin, qui sera son maître, amant et tourment. Née le 8 décembre 1864 à Fère-en-Tardenois en France, elle découvrira sa vocation artistique vers l’âge de 12 ans, encouragée par Alfred Boucher et soutenue par son père. Elle s’intéressera à la sculpture très tôt, plus particulièrement à la glaise, malgré la violente réprobation de sa mère, réprobation qui ne s’estompera jamais et que Camille recevra de plein fouet à la mort de son père.

En 1882, elle parvient à persuader sa famille de déménager à Paris afin d’y perfectionner son art. Elle y suivra notamment des cours à l’Académie Colarossi et y retrouvera le mentorat d’Alfred Boucher, qui, devant quitter Paris pour l’Italie, demandera à Rodin de prendre sa place. Dès l’année suivante, Camille intègrera l’atelier de ce nouveau professeur.

Celui-ci est impressionné par le talent de Camille et lui laissera rapidement participer à ses propres oeuvres et admettra la consulter en toutes choses. Très vite leur respect mutuel et leur complicité se mue en passion, qui durera une dizaine d’années, bien que Rodin refuse de quitter sa compagne de longue date et ancien modèle, Rose Beuret. Cette fidélité suscitera chez Claudel nombre d’épisodes de jalousie et causera éventuellement leur rupture.

Ils continueront toutefois leur relation en parallèle pendant près de 10 ans, durant laquelle Rodin fera de son amante sa muse, réalisant nombreux bustes d’elle et reprenant ses traits dans des sculptures allégoriques. Il s’inspirera également de la sculpture de Camille, « La jeune fille à la gerbe » pour une de ses propres sculptures, « La Galatée ».

Le talent et la renommée de Claudel grandit de jour en jour et elle obtiendra en 1888 le prestigieux Prix du Salon pour sa sculpture « Sakountala » sur laquelle elle travailla pendant deux ans. Son style commence à se préciser et à s’éloigner de celui de son maître. Cependant, Rodin aussi s’éloigne et finit par la quitter en 1892, tout en continuant d’encourager son travail d’artiste. Malheureusement pour Claudel, cette association de ses oeuvres avec celles de son ex-amant lui font de l’ombre, empêchant son émancipation artistique. Elle tentera de se distancier de lui en changeant notamment la taille et les matériaux de ses nouvelles oeuvres. Pendant ce temps, Rodin continuera de donner le visage de Camille à plusieurs de ses sculptures.

Malgré une certaine reconnaissance et l’intervention de plusieurs mécènes et promoteurs tels que le marchand d’art Eugène Blot et la comtesse Arthur de Maigret, Camille connaîtra des soucis financiers, en l’absence de commandes de l’État. Son entêtement à représenter le nu, sujet typiquement masculin, la placera forcément en marge de la société de l’époque. Elle semble alors se refermer sur elle-même et mène un vie de disette solitaire.

C’est ce retrait de la société conventionnelle qui sera utilisé contre elle, à la mort de son père en 1913, pour l’institutionnaliser, sous le diagnostique de ‘démence paranoïaque’. Sa mère ayant toujours été opposée à la carrière de sa fille et son frère, très religieux, frustré de vivre dans l’ombre de sa soeur, décident de la placer dans un asile psychiatrique 5 jours après le décès de Mr. Claudel.

En 1915, les hôpitaux étant réquisitionnés pour la guerre, elle sera transférée à l’asile de Monfavet. Elle y restera pour les 28 années qui lui resteront à vivre, malgré ses protestations répétées. Complètement coupée du monde, interdite de correspondance, elle écrira pendant des années des lettres qui n’arriveront pas à destinataires ou elle réclamera sa liberté, qu’elle n’obtiendra jamais. Elle recevra les visites épisodiques (12 en près de 10 ans) de son frère et de son ancien amant. Elle mourra de malnutrition à Monfavet et finira dans une fausse commune, aucun membre de sa famille ne venant réclamer son corps.

Ce destin tragique participe à la fascination qu’exerce aujourd’hui Camille Claudel, dont la puissance des oeuvres est désormais plus reconnue, malgré l’association persistante de son travail avec Rodin.