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La Casa – Colette

Aujourd’hui dans notre série de portraits sur les femmes de la CASA Colette celle qui nomme notre coloris Vert-bleu pastel.

Sidonie Gabrielle Colette naît le 28 janvier 1873, à Saint-Sauveur, en France. Elle est la fille de Sidonie Langlois, veuve remariée à Jules Joseph Colette, ancien capitaine, amputé d’une jambe, devenu précepteur. Elle grandit dans une famille aimante et cultivée. Elevée par une mère qu’elle adore et un père qui l’introduit à la littérature, lui donne des leçons d’écriture et de style.

Mais l’argent se fait rare et à 20 ans Colette se retrouve mariée à Henri Gauthier-Villars, dit Willy, union qui permet à la famille d’avoir une bouche de moins à nourrir. Homme de 34 ans ayant vieilli trop vite, Willy n’est pas le parti idéal, mais étant critique d’art, il introduit Colette au Paris mondain et culturel de l’époque. Colette laisse alors derrière elle sa vie rurale et son enfance heureuse pour devenir une citadine, bien qu’elle conservera toujours son accent campagnard.

C’est dans cette nouvelle vie, qu’elle se lance dans l’écriture, alors que Willy l’encourage à coucher par écrit ses souvenirs d’enfance. Ainsi naît ce qui deviendra la série des Claudine que Willy s’attribue en les publiant d’abord sous son nom. Les Claudine font sensation, mais Colette, n’étant pas propriétaire des droits, n’en retire rien. Elle écrit alors un Claudine s’en va en 1903, avant de partir elle aussi, de quitter Willy en 1906.

Femme émancipée, Colette mène durant quelques années une existence libertine. Elle enchaîne, durant cette période, toutes sortes de liaisons, dont plusieurs avec des femmes; la relation qu’elle entretient pendant plusieurs années avec Mathilde de Morny, dite Missy, marquise qui affiche son homosexualité et s’habille en homme, étant celle qui fait le plus scandale.

Colette entre dans le monde du théâtre et du music-hall, en tant qu’auteure et actrice et continue par ailleurs à écrire, cette fois sous son nom. Elle publie entre autre l’Ingénue libertine (1904) et La vagabonde (1910), romans toujours plus ou moins autobiographiques et souvent marqués par le thème de la bisexualité.

Cette époque se termine alors que Colette approche de la quarantaine, qu’elle se lance dans le journalisme, sans mettre de côté la littérature, et qu’elle rencontre et tombe amoureuse de Henry de Jouvenel. Sa mère meurt en septembre 1912, mais Colette trop prise dans cette histoire d’amour ne se rend même pas aux obsèques. En décembre, Colette épouse Henry de Jouvenel et en juillet, elle donne naissance à leur petite fille, Colette de Jouvenel.

Colette poursuit sa carrière d’écrivaine, sa vie inspirant son oeuvre et vice-versa. Et alors que plusieurs de ces livres, Chéri ou encore Le blé en herbe, commencent à raconter des liaisons entre des femmes plus âgées et des jeunes hommes, elle en débute une avec son beau-fils, Bertrand âgé de 17 ans.

Elle rencontre, à la suite d’une représentation de l’adaptation théâtrale de Chéri (où elle joue le personnage principal), celui qui deviendra son futur et dernier mari, Maurice Goudeket. C’est le début d’une nouvelle histoire et de nouvelles histoires. Elle écrit notamment un livre sur sa mère, qui poursuit une lignée de romans dépeignant sa famille.

Colette est alors une écrivaine reconnue, élue en 1945 à l’académie Goncourt, ainsi qu’une figure publique importante.

27Elle finit sa vie dans son appartement du Palais-Royal, affaiblie par l’arthrite qui la gêne au point de l’empêcher de plus en plus d’écrire. Maurice, dont elle parle comme de «son meilleur ami», reste à ses côtés jusqu’à la fin.

Elle meurt le 3 août 1954, au 9 rue de Beaujolais, à Paris. Écrivaine respectée, bien que figure controversée, Colette est une des rares femmes à qui la République a accordé des obsèques nationales. Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise.

Aujourd’hui, un musée lui est dédié dans son village natal, et sa maison d’enfance est maintenant ouverte au public.