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La Casa — Aung San Suu Kyi

par Céline Barbeau publié le May 06, 2016

Nous vous présentons cette semaine, le portrait de Aung San Suu Kyi, le symbole Birman, qui représente la couleur jaune de notre laine maison, la CASA.

 

Aung San Suu Kyi est née le 19 Juin 1945 dans la capitale birmane, Rangoon. Son nom est un amalgame des noms de son père (Aung San), de sa grand-mère (Suu) et de sa mère (Kyi). La jeune Suu Kyi est confrontée à la mort très tôt dans sa vie. Son père, le Général Aung San, véritable héros national à l’origine des négociations pour la dépendance de la Birmanie, est assassiné par des ennemis de l’opposition alors qu’elle n’a que 2 ans. Six ans plus tard, son frère cadet Aung San Lin, meurt noyé dans un petit lac situé près de la résidence familiale.

En 1960, sa mère, Daw Khin Kyi, devenue elle aussi une figure publique depuis la mort de son mari, est nommée ambassadrice birmane en Inde.  Après des études en Birmanie puis en Inde, Suu Kyi déménage à Oxford, où elle suit de brillantes études supérieures de philosophie, de politique et d’économie. Ses études lui ouvrent la porte des Nations Unies en 1967, à New York, où elle travaille pendant trois ans. Elle y rencontre son mari, le Dr Michael Aris, passionné de culture tibétaine et établi au Bhoutan, à titre de tuteur des enfants de la famille royale. De retour à Londres, Aung San Suu Kyi donne naissance à deux enfants en 1973 et 1977 alors qu’elle prépare son doctorat d’études orientales et africaines.

Dans les années 80, elle partage sa vie entre Londres, l’Inde et la Birmanie. C’est en 1988 qu’elle revient s’installer en Birmanie de façon plus permanente, pour prendre soin de sa mère vieillissante et malade. C’est en voyant la confusion qui régnait dans son pays, qu’elle comprend que sa vie est sur le point de changer radicalement et fait le serment de servir le peuple birman, tout comme ses parents l’avaient fait dans le passé. Suu Kyi prend la décision de consacrer sa vie à lutter pour obtenir la liberté de son pays d’origine. En se dévouant totalement à la Birmanie, elle accepte aussi de sacrifier d’autres aspects de sa vie qui lui sont chers comme la chance de voir son mari une dernière fois avant qu’il ne décède d’un cancer à Londres, en 1999, ou encore l’opportunité de voir ses enfants grandir. La séparation d’avec son mari et ses enfants fut l’un des nombreux sacrifices qu’elle fit pour honorer sa promesse de libérer son peuple.

A cette époque, Le leader birman perd de plus en plus de pouvoir au profit d’une nouvelle junte militaire. Peu avant la prise armée du pouvoir de cette dernière, Aung San Suu Kyi s’adresse à la population birmane et appelle au retour de la démocratie et de la liberté des peuples. Malheureusement, cela ne suffit pas pour faire cesser la violence et rien ne peut empêcher le coup d’état militaire sanglant qui menaçait. La répression commence, le bilan humain est catastrophique (on estime le nombre de morts à 10 000, au cours des moins de septembre et d’octobre 1988). Aung San Suu Kyi lance un appel à la solidarité internationale mais les États voisins à la Birmanie coupent tous liens avec le pays. C’est alors que Suu Kyi décide de fonder en septembre 1988, aux côtés d’autres partisans, la LND (Ligue nationale pour la démocratie), et qu’elle prononce son premier discours en faveur de la démocratie. Faisant de nombreux adeptes à travers la Birmanie, elle est arrêtée en juillet 1989 et, face à son refus de quitter le pays, est assignée à résidence surveillée. Sous la pression du peuple, des élections législatives sont organisées en 1990 et remportées par la LND, mais la junte militaire invalide les résultats. En réaction, la communauté internationale octroie notamment le prix Nobel de la paix à Aung San Suu Kyi en 1991.

À partir de 1989, Aung San Suu Kyi passe la majorité des vingt et une années qui suivent assignée à résidence. Les rares périodes où le pouvoir la laisse libre, elle poursuit ses discours pour la démocratie tout en subissant de nombreuses pressions : tentative d’assassinat, emprisonnement de ses amis, jusqu’au refus du gouvernement birman de laisser entrer son mari mourant dans le pays. Aung San Suu Kyi est finalement libérée définitivement en 2010. En 2012, Aung San Suu Kyi est autorisée à se présenter aux élections législatives et est élue députée. Elle siège alors au Parlement, son mandat ayant été reconnu officiellement par le pouvoir en place. La même année, elle réalise son premier voyage à l’étranger depuis plus de vingt ans. En 2013, elle affirme son intention de participer à l’élection présidentielle birmane de 2015. Son parti remporte les élections législatives de novembre 2015.

Après la victoire de son parti aux élections, Aung San Suu Kyi a décidé de placer un proche : Htin Hyaw, à la position de président. Elle ne pouvait en effet accéder elle-même à la magistrature suprême, car un article de la Constitution, héritée de la junte, interdit cette possibilité à toute personne ayant des enfants de nationalité étrangère. Or ses deux fils sont britanniques. Choisi pour sa loyauté éprouvée au fil des ans, y compris lors des longues années de résidence surveillée de l’opposante, Htin Hyaw assume son rôle de doublure de celle qui a promis d’être « au-dessus du président ».Avec la Constitution d’un gouvernement qui est entré en fonction au 1er avril 2016 en même temps que le président, le pays va pouvoir tourner la page de décennies de junte, même si les militaires conservent un important rôle politique.

Les Birmans, qui ont participé en masse aux législatives du 8 novembre 2015, attendent avec impatience la mise en place d’une nouvelle politique chargée de transformer un pays ruiné par près de cinquante ans de dictature militaire.

Aung San Suu Kyi est une véritable héroïne des temps modernes. Sa lutte pour la liberté de son peuple évoque celle menée par d’autres grands leaders du 20e siècle, dont Gandhi et Nelson Mandela. Son récent triomphe politique dans les urnes, rendu possible par une ouverture partielle du régime birman, est l’aboutissement de 25 ans d’abnégation et de courage.

(Sources : radio-canada – Wikipédia – l’Internaute – Womens International Center – Le Nouvel Observateur – Le Monde)

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