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La Casa — Virginia Woolf

par Céline Barbeau publié le April 14, 2016

Nous vous présentons cette semaine, le portrait de Virginia Woolf, l’écrivaine qui représente la couleur grisé-rosé de notre laine maison, LA CASA.

Adeline Virginia Alexandra Stephen, née le 25 janvier 1882 à Londres, fille du philosophe et écrivain Sir Leslie Stephen, deviendra Virginia Woolf, femme de lettres anglaise, et une des principales auteurs modernistes du XXeme siècle. Ecrivaine de génie, critique littéraire et éditrice, Virginia Woolf a fasciné ses contemporains par sa créativité d’avant-garde. Son expérience intime de la folie, transcendée par l’écriture, fait d’elle le chef de file du roman psychologique, et sa vie de femme libre continue d’inspirer les féministes d’aujourd’hui.

Virginia fut marquée par une enfance difficile. Durant des années elle dut subir les agressions sexuelles de ses demi-frères, en même temps que des deuils successifs. Elle perd sa mère à 13 ans, sa demi-soeur à 15 ans, son père à 22 ans, puis son frère, deux ans plus tard. C’est à la mort de sa mère que Virginia devra affronter sa première grande dépression, et c’est à ce moment là aussi que la jeune fille nourrit alors le désir secret de devenir écrivaine. Son leitmotiv : L’écriture ou la mort…

Au décès de son père en 1904, elle s’installe dans le quartier de Bloomsbury. C’est à cette époque qu’elle fonde un cercle d’intellectuels connu sous le nom de Bloomsbury Group. Elle y rencontrera, Léonard Woolf, fonctionnaire et théoricien politique, qu’elle épousera en 1912, et Vita Sackville-West, avec laquelle elle aura une liaison jusqu’à la fin des années 1920.
Elle surnommait son mari « le Juif sans le sou ». Cependant, les époux avaient des liens très forts, Ils travaillaient ensemble en tant qu’éditeurs et fondèrent en la Hogarth Press qui publia la plupart des œuvres de Virginia.

L’écriture fut pour Woolf un véritable rempart contre son mal de vivre, et elle lui donna du sens face à la déconstruction de son psychisme et de sa vie. Puisant dans les moments les plus tragiques de son histoire, elle transforme méthodiquement ses souffrances psychiques en de sublimes inventions narratives, que les écrivains d’aujourd’hui continuent de lui envier.

Son style est constitué de voix intérieures, de rythmes poétiques, d’envolées lyriques. Elle se révèlera comme une des grandes voix sensibles de la littérature avec ses deux romans suivants, Mrs. Dalloway et La promenade au phare, publiés respectivement en 1925 et en 1927. Son roman Les vagues lui donne une reconnaissance auprès du grand public. Longtemps révoltée de n’avoir pu faire d’études, elle participera toute sa vie à la cause des féministes en militant pour le droit de vote des femmes et en écrivant entre autre, « Une chambre à soi » en 1929 , véritable pamphlet pour le droit des femmes à la liberté intellectuelle.

Sa vie durant, hallucinations et idées morbides l’accablent, lui laissant de moins en moins de répit, elle est en proie à de graves crises dépressives, elle se sent devenir folle. En 1941, elle ne peut plus lutter: Elle poste son dernier manuscrit “Entre les actes” puis dépose, le 28 mars de cette même année à 59 ans, une lettre sur le bureau de son mari où elle annonce son suicide. Elle lui écrit:  « J’ai la certitude que je vais devenir folle: je sens que nous ne pourrons pas supporter encore une de ces périodes terribles. Je sens que je ne m’en remettrai pas cette fois-ci. Je commence à entendre des voix et ne peux pas me concentrer. Alors je fais ce qui semble être la meilleure chose à faire. Tu m’as donné le plus grand bonheur possible… Je ne peux plus lutter, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. »

Puis les poches remplies de cailloux, elle achève son ultime promenade en allant se jeter dans la rivière Ouse. L’étude de sa vie et de ses œuvres par les psychiatres contemporains conduit à penser qu’elle présentait tous les signes de ce qu’on nomme aujourd’hui  « trouble bipolaire », maladie mentale alternant des épisodes de dépression et d’excitation, souvent associée avec une grande créativité mais conduisant bien des personnes au suicide.

(Source Wikipédia – Babel – PSYCHOLOGIES.COMSALON LITTÉRAIRE – LE MONDE)

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