Le mohair, une fibre d’exception !

par Céline Barbeau publié le March 24, 2020

“Fuzzy in the new Sexy”

Chèvre

Portrait de « BILLY THE GOAT »

Les chèvres jouent un rôle important dans l’agriculture. On l’appelle aussi la
« Vache du pauvre » car elle peut vivre dans des milieux arides. Comme le cochon, tout est bon dans la chèvre : sa peau, sa viande, son lait, son dos (on l’utilise comme transport) et bien sûr : sa laine !

Il existe 8 sortes de chèvres sauvages et une seule domestiquée (Capra Hircus) qui se développe en plusieurs familles et produit une grande variété de fibres.

Nous pouvons diviser les types de chèvres en 2 familles :

  • Celles qui produisent la fibre mohair, issue uniquement de la race ANGORA
  • Celles qui produisent la fibre cachemire et peuvent être produites par plusieurs races différentes.

Lapin

Attention : La laine angora est produite par le lapin angora et non la chèvre angora...

Petite note aux fileuses amatrices : La toison de la chèvre non lavée sent encore très fort... la chèvre. Un petit lavage avec un détergent à laine y remédiera.

Origine de la chèvre angora

La chèvre angora est originaire d’Anatolie en Turquie, aux environs d’une cité baptisée naguère angora et qui devint... ANKARA, la capitale de la Turquie !

Cette ville est aussi le berceau des chats et lapins angoras. Les chèvres angoras apparaissent historiquement vers 1500 AJC.

En 1849, James Davis, un fermier de Caroline du Sud, spécialisé dans la culture du coton, ramène les premières chèvres aux États-Unis. Il était parti en ambassadeur en Turquie pour aider à l’amélioration de la culture du Coton. En remerciement, le sultan lui offrit un cheptel de ces précieuses chèvres. Entre 1849 et 1881, plusieurs autres bêtes seront envoyées. Mais, à l’intronisation du nouveau sultan, l’exportation cesse brutalement et fut même strictement interdite sous peine de mort.

En Afrique, les chèvres angoras ont aussi trouvé une terre de prédilection. Importées aussi au XIXème siècle dans la région de Camdeboo, elles se sont épanouies comme la vigne s’implante dans une terre fertile et donne un cépage d’exception.

La famille Michau, descendants de fermiers britanniques et installés là depuis 3 générations, se dévoue avec passion à cet élevage.

Paul Michau, l’actuel propriétaire, se bat pour élever le mohair au rang de laine précieuse. (Le mohair a un micronage aux alentours de 23 à 24 microns. Cela le place dans les laines dites rustiques. Par exemple, les cachemires se situent autour de 15 microns). Il produit un mohair d’un blanc pur et d’un éclat « Adamantin ».

Ses 3500 chèvres s’ébattent dans un état quasi sauvage dans le Veld. Un paysage de savane rocailleuse avec ses buissons épineux et aloés. Les chèvres partagent ces valons avec les lynx, chacals, antilopes Koudoo et des serpents venimeux : Mambas, vipères heurtantes et cobras.

Les chèvres apprécient le climat qui oscille de — 5° à 40°

Portrait d’une fibre

Les chèvres angoras sont adorables avec leur toison bouclée comme une permanente toute fraîche. Leurs caractères affables les rendent faciles à élever.

Aucune autre race de chèvre ne produit ces belles bouclettes.

Il faut les tondre 2 fois par an car leur poil pousse rapidement (2 cm/mois) et les meilleures bêtes peuvent produire 25 % de leur poids en laine. Tout un fardeau !

Elles demandent beaucoup de soin car générer autant de « Fluff » demande beaucoup d’énergie.

Les plus jeunes développent la toison la plus fine avec la plus grande valeur commerciale. C’est le célèbre « Kid Mohair ». La toison est récoltée quand la fibre a une longueur de 10 cm aux environs de 6 mois d’âge. C’est la première et plus précieuse toison.

La deuxième toison est celle des « Yearling », récoltée vers le 1 an de la chèvre.

Après vient la toison des adultes qui sera utilisée pour d’autres tissages.

Cette laine a un brillant exceptionnel due aux écailles qui la recouvrent. Celles — ci sont plus fines et plus larges que celles de la laine et reflètent ainsi plus la lumière.

Le Mohair présente aussi une bonne résistance au feutrage à moins d’être « méchamment » brassé ;)

Elle n’a pas l’élasticité de la laine, mais peut quand même s’étirer à un tiers de sa longueur. Elle propose un très joli drapé.

Comme la laine, le mohair n’absorbe pas la saleté en son cœur et peut absorber l’humidité jusqu’à un certain taux sans avoir un sentiment de « mouillé ». Elle offre aussi la même qualité ignifuge. Cela en fait une fibre idéale pour la réalisation de tapisseries et tapis avec le mohair adulte.

Exceptionnellement solide, le mohair des adultes offre un matériel idéal pour la confection des tapis, tapisseries et toutes autres créations nécessitant élégance, robustesse et résistance à la saleté.

Grâce à son lustre proche de celui de la soie, il prend la couleur de manière spectaculaire et très rapidement.

Idées pour tricoter le Mohair

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